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L'ancienne usine à papier

En 1641, Philippe Gautier, négociant en papier, afferme le moulin à blé de La Courade aux moines de l’abbaye de La Couronne pour le transformer en moulin à papier. Y est produit un papier de qualité exporté jusqu’en Hollande.

En 1735 un groupe de financiers de Paris, dont les principaux actionnaires sont Respinges-Duponty et Henry, achète les droits du moulin. Ils obtiennent du gouvernement royal le label de Manufacture royale à la condition d’y agréger une cinquantaine de moulins de l’Angoumois. Dix ans plus tard l’objectif n’est pas été atteint et le label de Manufacture royale leur est retiré.

Henry continue seul l’aventure. En 1776, l’un de ses descendants, Henry-Villarmain, à la fois négociant avisé et habile technicien introduit à La Courade la première pile «hollandaise » équipée d’un cylindre à couteaux qui produit de la pâte à papier en plus grande quantité et de meilleure qualité que la « pile à maillets de bois » traditionnelle. Il fait d’excellentes affaires et investit ses bénéfices dans l’embellissement du domaine par la construction d’une imposante demeure de maître. 

 En 1836 est installée la première machine à papier ; La Courade entre dans l’ère industrielle. Elle connait son apogée vers 1850 où près de 150 personnes y travaillent. Les papiers produits sont distingués à plusieurs expositions.

A partir de 1875, faute d'investissement supplémentaire, l'activité décline peu à peu, . La production devient quasi artisanale.

En 1900, un incendie détruit la salle des machines. Indemnisé par l’assurance, Georges Henry La Courade (la famille avait en effet entre temps ajouté la particule La Courade à son patronyme!) choisit d’investir dans une machine à fabriquer du carton et dans l’installation d’un bâtiment d’eau équipé d’une turbine hydro-électrique. La production débute en 1904 mais la guerre y met un terme. Le site de La Courade est en effet réquisitionné par les services de transmission de l’Armée repliés à Angoulême.

En 1920, Georges Henry, devenu trop âgé, afferme à nouveau l’usine. Plusieurs locataires se succèdent. Le carton produit est par exemple utilisé dans les rembourrages intérieurs des portières de 2CV.

En 1938, Jean-Baptiste Guillaud prend en charge l’exploitation de la cartonnerie. Au plus fort de l'activité, l'usine emploie 75 personnes qui vivent et travaillent sur place. En 1953, il se porte acquéreur de l’ensemble de la propriété mais l’activité de l’usine cesse après sa mort en 1970. Ce sont ses descendants, les familles Doré-Régnier, qui continuent à gérer le Moulin de la Courade.

Le parc à l'anglaise

Le Moulin de La Courade dispose d'un parc à l'anglaise de 2 hectares, typique du  19ième siècle. Du  bassin et sa fontaine, on emprunte le sentier à l'ombre d'arbres centenaires et majestueux (magnolias, séquoias, charmes, tilleuls, ifs, platanes, buis, marronniers, cèdres du Liban et de l'Atlas, pin parasol) qui nous mène vers une "folie" romantique cachée des regards et accessible par un petit chemin végétalisé en colimaçon...

Le canal de la Boëme, bordé de platanes, traverse le parc. 

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La cour d'entrée et le château

La cour, plantée de rangées de tilleuls et de marronniers, ouvre sur les bâtiments en U. Au nord ceux affectés au séchage et à la transformation du carton (laminage, coupage…). A l’ouest, le site de fabrication de la pâte auquel on accède par un pont qui franchit le canal de la Boëme et qui constitue la construction la plus ancienne. Au sud, ledit château, détruit par un incendie en 1842 et reconstruit dans le style second Empire. Il fait penser à certains hôtels particuliers parisiens de la même époque et est appelé "le petit Elysée charentais". Il est flanqué à l’ouest d’un bâtiment en pierre affecté au logement des ouvriers et à l’est d’une ancienne chapelle et de constructions à vocation agricole (écurie, grenier à foin).